15 novembre 2017

Comment des utopies peuvent-elles être réalistes ?


Rutger Bregman: "Revenu universel, semaine de travail de 15h, un monde sans frontières : mes idées sont radicales, utopiques mais réalistes"







Rutger Bregman se définit comme un idéaliste réaliste. Le titre de son livre (« Utopies réalistes »), cet écrivain hollandais l’a puisé dans son propre caractère, dans sa conviction qu’un monde meilleur peut advenir. « On n'atteindra jamais le paradis, c’est un jeu sans fin », tempère-t-il toutefois, comme pour apporter une réponse à ceux qui traiteraient cet historien de formation de 29 ans de doux rêveur ; et ses solutions, de politique-fiction. Ses « idées radicales », il les défend à l’aide de preuves empiriques, s’appuie sur les travaux de ses prédécesseurs et contemporains et pose sur l’évolution du monde son regard d’historien.


Comment des utopies peuvent-elles être réalistes ?

Il est important de dire que les utopies sont devenues des réalités par le passé : l'abolition de l'esclavage, la démocratie, des droits égaux pour les hommes et les femmes, c'était toutes des idées folles, considérées comme irréalistes, impossibles. Et de ce fait rejetées. Aujourd'hui pourtant, elles se sont imposées et nous y sommes habitués. A chaque fois qu'une utopie devient réelle, on se dit que c'est normal et l'on appelle cela la civilisation.
Ca commence toujours avec des gens fous qui ne sont dans un premier temps pas pris au sérieux. Ensuite, leurs idées s'étendent, et rejoignent le centre. Les politiques, par exemples, sont toujours au bout de la ligne : ils sont les derniers à réaliser que peut-être devrions-nous faire les choses différemment. Je crois en la force des idées. Elles ont montré à quel point elles peuvent donner forme au monde.